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ipm:interaction_h-m

L'interaction humain-machine

Pour bien comprendre où se situent les problèmes de l'interaction humain-machine on peut tenter de représenter le processus d'interaction entre l'utilisateur et le système informatique. C'est ce qu'ont fait divers chercheurs au cours des vingt dernière années. Regardons l'un des modèles les plus connus.

Le modèle Exécution-Evaluation de Norman

Don Norman a développé un modèle théorique de l'interaction à partir de ses recherches sur les modèles mentaux. Selon ce modèle l'interaction est basée sur un cycle comprenant deux étapes : l'exécution et l'évaluation.

  1. l'utilisateur accomplit une série d'actions sur le système
  2. l'utilisateur évalue le résultat de ses actions

Chacune de ces étapes est subdivisée en plusieurs phases :

Ce modèle met en évidence une série de problèmes posés par l'interaction entre l'utilisateur et une interface informatique. On peut les regrouper en deux catégories nommées gouffre d'exécution et gouffre d'évaluation. Le gouffre d'exécution correspond à la différence entre les action que l'utilisateur a l'intention d'effectuer et les actions qui sont autorisées par le système. Ainsi les systèmes dont les actions formulées par l'utilisateur ne correspondent pas à celles qui sont admises par le système, ont un large gouffre d'exécution. Le gouffre d'évaluation reflète la séparation entre la représentation physique du système et les prévisions de l'utilisateur. Plus la représentation du système demande des efforts d'interprétation de la part de l'utilisateur, et moins l'interface est efficace en terme d'interactions.

La facilité ou la difficulté à utiliser un système provient de distances à franchir pour passer du but à l'action et de la perception de l'état du système à l'évaluation. On parle des golfs d'exécution et d'évaluation qu'il faut traverser pour passer de la représentation mentale à l'action physique et de la perception physique du résultat à son évaluation mentale.

Hutchins & al. (1985) Caractérisent ces distances comme la somme d'une distance articulatoire et d'une distance sémantique.

Distance sémantique

La distance sémantique caractérise la relation entre la signification d'une expression dans le langage de l'interface et ce que l'utilisateur veut faire. Quelle est la difficulté pour un utilisateur d'exprimer sa pensée avec les éléments du langage de l'interface ? Peut-il dire de manière concise ce qu'il veut faire ou doit-il recourir à des périphrases ? Les concepts connus de l'utilisateur sont-ils directement représentés dans l'interface ?

Dans le diagramme précédent, la distance sémantique d'entrée correspond à la difficulté de passer de l'intention à la spécification de l'action. La distance sémantique de sortie exprime la difficulté à passer de l'interprétation des symboles de sortie à l'évaluation du résultat de l'action par rapport au but poursuivi.

Hutchins & al. (1985) donnent l'exemple d'une interface avec laquelle l'utilisateur doit surveiller la variation d'un niveau d'eau. Si l'interface ne présente que le niveau l'utilisateur doit observer celui-ci à différents moments et calculer mentalement la variation. Le concept de variation n'est pas directement représenté sur l'interface. En ajoutant à l'affichage une flèche montrant le sens et l'amplitude de la variation pendant la dernière période on réduit la distance sémantique en rendant visible le concept de variation.

Si l'on prend un peu de recul, on peut voir toute l'histoire du développement des langages de programmation comme une entreprise de réduction de la distance sémantique entre la pensée humaine et le langage de la machine. Un programme exprimé dans le langage élémentaire des processeurs est extrêmement difficile à comprendre, toute l'intention du programmeur, tout l'algorithme sont représentés uniquement par un suite d'instruction élémentaires (LOAD, STORE, ADD, JUMP, COMPARE, …). Dans les langages modernes le programmeur peut définir des abstractions (types de données) qui correspondent aux concepts du domaine qu'il traite (Compteur, Vitesse, Moteurs, Controleur,…).

Distance articulatoire

La distance articulatoire correspond à la difficulté de passer de la forme d'un signe à sa signification (distance de sortie) ou de la spécification d'une action à son expression. Si l'action à effectuer est copier un mot d'un texte, son expression peut être double-cliquer le mot puis taper CTRL-C.

Dans l'exemple du niveau d'eau, en sortie l'utilisateur doit évaluer le niveau, pour cela il doit compter le nombre de graduations qui sépare le bas de la zone bleue au haut de cette zone.

FIXME à compéter

Références

Hutchins, Edwin L., Hollan, James D. and Norman, Donald A.(1985)'Direct Manipulation Interfaces',Human- Computer Interaction,1:4,311 - 338. DOI: 10.1207/s15327051hci0104_2.

Card, S. K., Morgan, T. P., & Newell, A. (1983). Psychology of Humain- Computer Interaction . Lawrence Erlbaum Associates.

ipm/interaction_h-m.txt · Last modified: 2014/02/20 09:22 by gilles